Héritage, quelques règles de français à partager


Chers lecteurs,

Je viens de terminer l'écriture de mon second roman qui s'intitulera Héritages.

Comme tout le monde (ou presque), je me pose parfois des questions de français : orthographe, syntaxe... Considérant l'écriture comme un partage et non comme une aventure solitaire, je collecte donc ici dans cet article les différentes questions de français que je me suis posées.

J'espère que ce partage vous plaira et qu'il vous permettra, tout comme moi, de revoir ou d'apprendre certaines règles de notre si belle langue française.

Comment écrire "bienvenue", "bienvenu" ou "bien venu" ?

« Bienvenue mon ami. Tu es le bienvenu dans ma maison et en plus ta visite est bien venue ! »
C'est étrange comme ce mot pourtant familier peut parfois cacher quelques fautes d'orthographes.

Bienvenu ou bienvenue ?

Règle 1 : lorsque « bienvenue » est en début de phrase, alors il prend toujours un « e ».
Exemples : Bienvenue dans notre nouvelle maison. Bienvenue les enfants !

Règle 2 : lorsqu'on souhaite la bienvenue à quelqu’un (un homme ou une femme), alors « bienvenue » prend un « e » (bienvenue est alors un nom).
Exemples : Je te souhaite la bienvenue. Monsieur, vous avec la bienvenue de toutes les personnes ici présentes.

Règle 3 : lorsqu'on dit de quelqu’un qu’il est le bienvenu dans le sens de « que l’on accueille avec plaisir, qui arrive à propos », alors « bienvenu » est un adjectif et s’accorde en genre et en nombre. Dans le cas du masculin, il ne prend pas de « e ».
Exemples : Ton frère est le bienvenu dans notre association. Ta sœur est la bienvenue dans l’usine. Vous êtes les bienvenus.

Bienvenu ou bien venu ?

Règle 4 : on écrit « bien venu » en deux mots pour exprimer l’idée « qui est effectivement venu » ou « qui se présente bien, qui arrive à propos ». Bienvenu(e) s’écrit toujours en un seul mot quand il s’agit de l’accueil d’une personne. Dans d’autres cas, il y a souvent les deux possibilités avec une légère différence de sens (« venu(e) » s’accorde alors en genre et en nombre) :
Exemples : Une idée bienvenue (= qui arrive à propos, à point nommé) ou Une idée bien venue (= bien faite, élégante, habile) (source parler-français). Une action bien venue.

Par conséquent, le mot « bienvenue » est beaucoup plus utilisé que « bien venu » en deux mots.

Comment écrire "tout entière" ou "toute entière" ?

« Les enjeux climatiques concernent la planète tout entière qui, depuis l'espace paraît toute bleue. »

Tout est adverbe devant un participe, un autre adverbe ou un adjectif, au sens de « complètement, entièrement, tout à fait ». Dans ce cas, il suit une règle d'accord un peu particulière.

Règle : Tout, adverbe, est invariable sauf quand il est placé devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré (pour raison d'euphonie).
Exemple : La salle tout entière s'est mise à applaudir (et non toute entière).

Remarque : Tout est également considéré comme adverbe devant un nom, dans certaines expressions figées.
Exemples :
Elle est tout yeux tout oreilles (= très attentive).
Elle est toute loyauté et toute franchise, tout feu tout flamme, tout ouïe.

Comment écrire "C'est de cela dont je parle." ou "C'est de cela que je parle." ?

La première formulation est fausse car le dont contient déjà la préposition de. Il faut donc écrire ou dire « C'est cela dont je parle. » ou « C'est de cela que je parle. ».

De même, on dit « C'est de cela que je me rappelle. » et non pas « C'est de cela dont je me rappelle. »

Que dire de l'expression « Moi, personnellement... » ?

C'est un pléonasme qui comble souvent les vides. Mais cette forme d'insistance utilisée pour se mettre en avant peut être davantage considérée comme une faute de goût que de français.

Comment écrire "Après qu'il est venu" ou "Après qu'il soit venu" ?

Il faut impérativement utiliser l'indicatif (petit rappel au passage des 8 temps de ce mode : présent, imparfait, passé simple, futur, passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur et futur antérieur)  qui exprime des faits réels, qui se sont réalisés.

Le subjonctif est, lui, le mode du doute.

On a l'habitude de calquer l'emploi de « après que » sur celui de « avant que ». Erreur. A la suite de « après que », il faut utiliser l'indicatif : « après qu'il est venu, après qu'il a terminé ses devoirs ». Par contre, on utilise le subjonctif à la suite de « avant que » : « avant qu'il soit venu, avant qu'il ait terminé ses devoirs ».

Peut-on écrire "Amène-moi un verre !" ?

Amener c'est mener des choses qui marchent donc « amène-moi le chien » mais « apporte-moi un verre ».

Quelque chose s'accorde-t-il au masculin ou au féminin ?

« Quelque chose s'est brisé cette année. »

Règle : Même si chose est un nom féminin, lorsque, chose sert à former les locutions pronominales indéfinies quelque chose et autre chose. Les termes qui se rapportent à quelque chose ou autre chose sont au masculin singulier. Les pronoms autre chose et quelque chose sont des pronoms neutres. Le genre neutre (qui n'existe en français que pour certains pronoms) se manifeste sous la forme du masculin singulier.

Exemple :
Il sort quelque chose de sa poche et le tend à l'enfant (et non et la tend…)
Il y a quelque chose que vous n'avez pas encore dit (et non quelque chose que vous n'avez pas encore dite).

Quand doit-on écrire "cote" ou "côte"

Si l’on vous demande d’écrire : « S’étant brisé deux côtes, le président éveille la sympathie des Français et voit sa cote de popularité remonter », saurez-vous placer sans hésiter l’accent circonflexe sur la bonne « cote » ?

Règle : Il ne faut pas mettre d’accent circonflexe lorsque le mot suggère une notation, un classement, une évaluation. Dans tous les autres cas, l'accent circonflexe s'impose.

Exemple :
La cote d’une voiture, la cote d’une entreprise en Bourse, une cote d’alerte, une cote de popularité, etc.
Une côte de bœuf, la Côte d’Azur, etc.